EMDR et les autres approches
EMDR · thérapie du trauma · désensibilisation par mouvements oculaires · ICV · thérapie TCC trauma
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- 143 — La Main Tendue (Suisse, 24h/24)
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Plusieurs approches ont fait la preuve de leur efficacité sur le stress post-traumatique, dont l'EMDR et certaines thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma. Elles ont un point commun : elles ne se contentent pas d'en parler, elles retraitent la charge. Le choix se fait moins sur le nom de la méthode que sur la personne qui l'exerce et sur ce qui vous convient.
On cherche, et on se perd. Les sigles s'accumulent, chacun promet, les avis se contredisent. Beaucoup posent la même question : « laquelle marche vraiment ? », souvent après une tentative qui n'a rien donné. Une chose est sûre : le fait qu'une approche n'ait pas fonctionné pour vous ne signifie ni que vous êtes un cas désespéré, ni qu'il n'y a rien d'autre.
Depuis, je…
- « je ne sais pas vers qui me tourner »
- « j'ai déjà essayé et ça n'a rien donné »
- « j'ai peur de devoir tout raconter »
- « je ne veux pas passer des années à en parler »
- « je ne sais pas si je dois voir un psy ou autre chose »
- « j'ai peur que ça remue tout »
Ce qui se passe
Ce qui distingue les approches efficaces sur le trauma tient moins à leur technique qu'à leur cible. Parler d'un événement, le comprendre, en retracer les causes : cela peut soulager et donner du sens, mais n'atteint pas nécessairement ce qui maintient l'alarme. Or le problème n'est pas un manque de compréhension — la plupart des personnes concernées comprennent parfaitement ce qui leur est arrivé. Le problème est un souvenir resté non traité, branché sur le système d'alerte, sans date. Les approches qui obtiennent des résultats sont donc celles qui permettent à ce souvenir d'être repris et rangé, plutôt que seulement raconté. Elles s'y prennent différemment — par la stimulation alternée, par l'exposition progressive et structurée, par le travail sur les sensations — mais elles visent le même point. C'est pourquoi le critère de choix le plus utile n'est pas la réputation d'une méthode, mais deux questions simples : qu'attend-on de moi pendant les séances, et est-ce que je me sens en sécurité avec cette personne.
Quand ça revient
Les moments
- au moment de prendre rendez-vous
- après une séance difficile
- quand un proche donne son avis sur la bonne méthode
Les déclencheurs
- une liste de sigles incompréhensibles
- un témoignage enthousiaste qui ne correspond pas à son expérience
- un refus ou une liste d'attente
Ce que la boucle construit
L'échec d'une tentative produit vite une conclusion décourageante, et souvent fausse.
Les croyances
- « rien ne marchera sur moi »
- « je suis un cas désespéré »
- « je vais devoir revivre tout ça »
- « ça va prendre des années »
- « si ça n'a pas marché, c'est ma faute »
Les scénarios
- l'anticipation d'une séance qui rouvrirait tout sans rien refermer
- le renoncement après une expérience décevante
- le report indéfini du premier rendez-vous
Redouter l'accompagnement maintient l'évitement, et l'évitement laisse la charge intacte — ce qui semble prouver que rien n'est possible. C'est la boucle qui coûte le plus de temps, et elle se rompt en commençant, pas en s'assurant d'abord que ça marchera.
Ce qu'on vous a peut-être dit
Si ça n'a pas marché, c'est que tu n'y as pas mis du tien.
L'efficacité dépend de l'approche, du moment et de la relation — pas de la bonne volonté. Beaucoup de personnes très investies ont dû changer de méthode ou de praticien.
Les psys, ça ne sert à rien.
Plusieurs approches ont une efficacité démontrée sur le stress post-traumatique. Une mauvaise expérience ne dit rien de l'ensemble.
Il faut souffrir pour s'en sortir.
Non. Un accompagnement qui ne fait qu'aggraver durablement mérite d'être interrogé, pas enduré.
Vos questions
Qu'est-ce que l'EMDR, concrètement ?
C'est une approche structurée dans laquelle on se reconnecte brièvement au souvenir pendant que l'attention est sollicitée alternativement d'un côté puis de l'autre — le plus souvent par des mouvements des yeux. L'objectif n'est pas d'analyser, mais de permettre au souvenir d'être retraité et rangé. Elle est recommandée par l'Organisation mondiale de la santé pour le stress post-traumatique.
Faut-il tout raconter en détail ?
Selon les approches, plus ou moins. En EMDR, le récit détaillé n'est pas la condition du travail. C'est une question à poser dès le premier rendez-vous : la réponse vous dira beaucoup sur ce qui vous attend.
Combien de séances faut-il ?
Cela varie beaucoup, notamment selon qu'il s'agit d'un événement unique ou d'une exposition prolongée. Personne d'honnête ne s'engagera sur un chiffre au premier rendez-vous, et méfiez-vous de qui le fait.
Est-ce que ça marche à tous les coups ?
Non, aucune approche ne le peut. Ce qui est établi, c'est que plusieurs méthodes ont une efficacité démontrée sur le stress post-traumatique. Si l'une n'aboutit pas, cela n'épuise pas les possibilités.
Comment choisir un praticien ?
Vérifiez sa formation et son cadre professionnel, demandez comment il travaille et si le récit détaillé est requis, et fiez-vous à ce que vous ressentez lors du premier contact. La qualité de la relation est l'un des facteurs les mieux établis, toutes approches confondues.
Et le Coaching en Libération Émotionnelle, où se situe-t-il ?
C'est un accompagnement, pas une thérapie : il ne cherche pas le pourquoi et ne fouille pas le passé. Il part d'un objectif que vous définissez et travaille sur ce qui s'exprime, en s'appuyant sur vos ressources. Il ne remplace pas un suivi médical quand celui-ci est nécessaire.
Faut-il arrêter mon suivi actuel pour essayer autre chose ?
Non, et surtout pas sans en parler à la personne qui vous suit. Les approches se combinent souvent mieux qu'elles ne se remplacent.
Ce qui aide, en attendant
Au quotidien
- Poser deux questions au premier rendez-vous : comment travaillez-vous, et devrai-je tout raconter ?
- Vérifier la formation et le cadre professionnel de la personne
- Se donner le droit de changer si la relation ne fonctionne pas — ce n'est pas un échec
- Ne pas interrompre un suivi en cours sans en parler
- Signaler d'emblée si la mémoire est lacunaire : c'est une information utile
Quand consulter
- Dès que ce qui reste empêche de vivre comme on le voudrait, sans attendre d'aller assez mal pour se sentir légitime.
Ce n'est pas une fatalité
Ce n'est pas une fatalité. Les approches décrites sur cette page relèvent du soin et sont évaluées comme telles. Le Coaching en Libération Émotionnelle est d'un autre ordre : c'est un accompagnement, pas une thérapie. on ne cherche pas le pourquoi, on aborde ce qui s'exprime, en vue d'un objectif que vous fixez et en s'appuyant sur vos propres ressources. L'origine peut rester inconnue, le récit peut rester incomplet — la charge, elle, peut se libérer.
Découvrir l'accompagnementPour aller plus loin
- Organisation mondiale de la santé, Guidelines for the management of conditions specifically related to stress (recommandation de l'EMDR et des TCC centrées sur le trauma)
- Haute Autorité de santé, Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques — Enfants et adultes, note de cadrage (2020)
- American Psychiatric Association, DSM-5-TR, trouble de stress post-traumatique
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