Est-ce que c'est un trauma ?
est-ce un trauma · est-ce que c'est un traumatisme · je ne sais pas si c'est grave · ai-je le droit de dire que c'est un trauma · ce n'était pas si grave
- 3114 — Souffrance psychique et prévention du suicide (France, 24h/24)
- 0800 32 123 — Centre de prévention du suicide (Belgique, 24h/24)
- 143 — La Main Tendue (Suisse, 24h/24)
- 988 — Ligne d'aide en cas de crise de suicide (Québec, 24h/24)
Il n'existe pas de liste d'événements assez graves pour donner droit au mot trauma. Ce qui compte n'est pas ce qui est arrivé, mais ce que cela a fait — et ce que cela continue de faire. Si depuis un événement quelque chose a changé et ne se remet pas, cela suffit à mériter d'être pris au sérieux, quel que soit le nom qu'on lui donne.
On hésite à le dire. On se compare, on relativise, on se répète que d'autres ont vécu bien pire — et on finit par se taire. Beaucoup posent la même question avant toute chose : « est-ce que j'ai le droit d'appeler ça comme ça ? ». La réponse est oui, et surtout : vous n'avez pas besoin du bon mot pour être aidé.
Depuis, je…
- « je me demande si j'ai le droit d'en parler »
- « je relativise tout le temps »
- « je me dis que d'autres ont vécu pire »
- « je n'ose pas consulter pour si peu »
- « je ne sais pas comment appeler ce qui m'est arrivé »
- « je me sens illégitime »
Ce qui se passe
Le mot trauma désigne moins un type d'événement qu'un type de conséquence. Un même fait peut être traversé sans suite par l'un et laisser l'autre durablement en alerte, et cela ne dit rien de la solidité respective des deux personnes. Ce qui fait la différence tient à plusieurs choses : l'âge auquel c'est arrivé, la possibilité ou non de fuir, la présence de quelqu'un après, le fait d'avoir été cru ou non, et l'état dans lequel on se trouvait ce jour-là. Autrement dit, le retentissement dépend du rapport entre ce que l'événement demandait et ce dont on disposait à cet instant. C'est pourquoi la comparaison n'a aucun pouvoir : elle mesure les événements alors que ce qui compte se joue à l'intérieur. Et c'est pourquoi la question « ai-je le droit ? » n'a pas à être tranchée avant de demander de l'aide — le site n'a d'ailleurs pas vocation à qualifier : cela appartient au professionnel, selon votre situation.
Quand ça revient
Les moments
- au moment de consulter, quand il faut nommer
- quand quelqu'un raconte quelque chose de plus grave
- en remplissant un formulaire, en écrivant à un professionnel
- chaque fois qu'on envisage d'en parler
Les déclencheurs
- un témoignage plus lourd que le sien
- une remarque minimisante d'un proche
- une définition lue quelque part qui ne correspond pas exactement
Ce que la boucle construit
Se demander si l'on a le droit finit par devenir une raison de ne rien faire.
Les croyances
- « ce n'était pas si grave »
- « je n'ai pas le droit de me plaindre »
- « d'autres ont vécu pire »
- « je suis faible d'en faire un problème »
- « on va me trouver ridicule »
Les scénarios
- l'anticipation du regard du professionnel qui trouverait ça léger
- le renoncement à consulter faute de se sentir légitime
- le report indéfini, en attendant que ça devienne assez grave
La minimisation protège d'un aveu — celui d'avoir été atteint. Elle a donc une utilité, et c'est pour cela qu'elle tient si bien. Son coût est de retarder l'aide jusqu'à ce que la charge devienne ingérable. Il n'est pas nécessaire de gagner ce débat avec soi-même : il suffit de partir de ce qui se manifeste.
Ce qu'on vous a peut-être dit
Ce n'était quand même pas la guerre.
Le retentissement ne se mesure pas à l'échelle des malheurs du monde. Comparer n'a jamais éteint une alarme.
Tu en fais toute une histoire.
Ce n'est pas l'histoire qui est en cause, c'est ce que le corps continue de faire depuis. Ça, ce n'est pas une question de point de vue.
Il y a des gens qui souffrent vraiment.
Oui, et cela n'enlève rien à ce que vous vivez. La souffrance n'est pas une ressource limitée qu'il faudrait mériter.
Vos questions
Faut-il un événement grave pour parler de trauma ?
Non. Ce qui détermine le retentissement, ce n'est pas l'événement mesuré de l'extérieur, c'est ce qu'il a représenté pour vous à ce moment-là, avec les ressources dont vous disposiez. Deux personnes dans la même situation peuvent en ressortir très différemment, et aucune des deux n'a tort.
Comment savoir si c'est un trauma ou juste un mauvais souvenir ?
Un mauvais souvenir se raconte : il a une date, il s'est éloigné. Ce qui reste actif revient sans être appelé, fait réagir le corps, et pousse à éviter. C'est la persistance et l'intrusion qui distinguent, pas la gravité.
Trauma ou phobie, quelle différence ?
Quand la réaction a une date de naissance — un avant et un après — on parle plutôt de trauma. Quand elle semble avoir toujours été là, sans événement repérable, on parle plutôt de phobie. Entre les deux existe tout un recouvrement, et il n'y a rien à trancher pour être accompagné.
Et si je ne me souviens pas d'un événement précis ?
Ce n'est pas un obstacle. Certaines choses s'installent par répétition plutôt que par un moment unique — une ambiance, une pression continue, des années. L'absence d'événement identifiable n'annule pas ce qui se manifeste.
Faut-il un diagnostic pour se faire aider ?
Non. Le diagnostic appartient aux professionnels de santé et sert notamment pour des démarches. Mais on peut travailler sur ce qui s'exprime — la scène qui revient, l'évitement, la vigilance — sans attendre une étiquette.
Est-ce que je prends la place de quelqu'un qui en a plus besoin ?
Non. Il n'y a pas de quota, et souffrir n'est pas un concours. Cette question elle-même est un symptôme fréquent : ceux qui la posent sont rarement ceux qui exagèrent.
Ce qui aide, en attendant
Au quotidien
- Partir de ce qui se manifeste plutôt que de la gravité de l'événement : qu'est-ce qui a changé depuis ?
- Renoncer à la comparaison, qui n'apporte aucune information utile
- Se donner le droit de consulter sans avoir tranché la question du mot
- Écrire ce qui a changé depuis : c'est souvent plus parlant que le récit de l'événement
Quand consulter
- Quand quelque chose a changé depuis un événement et ne se remet pas au bout de quelques semaines, quand cela fait éviter des lieux, des gens ou des gestes — sans avoir à justifier que c'était assez grave.
Ce n'est pas une fatalité
Ce n'est pas une fatalité, et il n'est surtout pas nécessaire de trouver le bon mot. Le Coaching en Libération Émotionnelle ne cherche ni le diagnostic ni le pourquoi : il aborde ce qui s'exprime aujourd'hui, en s'appuyant sur vos ressources et sur l'objectif que vous fixez. La légitimité n'est pas un préalable à l'apaisement.
Découvrir l'accompagnementPour aller plus loin
- American Psychiatric Association, DSM-5-TR, critère A du trouble de stress post-traumatique et variabilité interindividuelle des réponses
- Organisation mondiale de la santé, CIM-11, 6B40 : définition centrée sur les manifestations persistantes
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